Les 13 et 14 mai se déroule au Théâtre de l’Elysée l’événement Duty Free, 2 jours de collisions artistiques et de créations indisciplinaires à la croisée entre spectacle vivant et multimédia, proposés par l’AADN, projet Bizarre et les Réseaux de la Création dans le cadre du festival Vision’R.
Cet événement est l’occasion idéale pour proposer la première édition de RADart Lyon thématisée. Nous vous invitons donc samedi 14 mai, dans l’après-midi, à vous pencher avec nous sur des projets art-techno impressionnants et destinés à la scène, avant de faire un tour à Duty Free pour découvrir une multitude de propositions artistiques à la frontière des disciplines !
INTRODUCTION : « technologies appliquées au spectacle vivant – systèmes interactifs, interprétation »
par Igor Deschamps
Les projets du Bionics orchestra et du Scratch bandit crew permettent d’aborder deux notions majeures des arts numériques. L’un sur le thème large de l’interface homme machine, l’autre dans le champ des systèmes « interactifs ». Les deux projets ont en commun un système numérique crée uniquement pour et par l’artiste, destiné à l’interprétation en temps réel devant ou avec les spectateurs, à partir d’une écriture musicale. A priori, nous parlons bien de spectacle vivant. Pourtant les Bandit nous présentent un outil vidéo et le Bionic orchestra un projet sans espace scénique. C’est l’occasion d’expliciter l’étirement des frontières entre disciplines dans le contexte des technologies, avec quelques repères 1960/2010 et quelques notions clefs autour des systèmes interactifs et participatifs.
VIRTUAL SCRATCHING / Scratch Bandit Crew
1/ C’est quoi le projet ?
Les Scratch Bandit Crew, virtuoses locaux du scratch habitués à concevoir et customiser leurs propres instruments, cherchent à s’affranchir des limites du scratch digital et à remplacer le couple cellule + disque timecodé par une surface tactile ou un capteur de mouvement (avec ou sans contact).
Scratcher et contrôler le son par une interface tactile, ou autre, permettrait de démultiplier les possibilités de jeu. En vrac : avoir plusieurs sons disponibles en même temps, produire de la polyphonie, différents modes et interfaces, une traduction des données de la table vers midi ou OSC pour commander des effets sons, la vidéo ou la lumière en parallèle…)
2/ Niveau technique :
Pour la création de cette interface, plusieurs technologies sont envisagées :
- table tactile
- capteur optique de proximité (ou IR ou autre) sans contact
- encodeur rotatif
Des bases de programmation ont déjà été testées en Max/Msp.
3/ Et le problème ?
Il est assez simple de récupérer une information de vélocité provenant d’une table tactile, d’un capteur optique placé au dessus du disque, ou autre, et de contrôler la vitesse de lecture d’un sample à l’aide de celle-ci. Par contre lorsque la vitesse du disque ou du doigt sur surface approche de zéro, le facteur d’erreur augmente exponentiellement et ces erreurs produisent un phénomène appelle « slippage » c’est-à-dire glissement. La relation entre l’interface et le son est relative et non pas absolue. Vu la rapidité et la précision demandée par les scratcheurs, ceci rend le système impossible à utiliser en l’état.
Comment programmer cette interface de scratch virtuel afin d’obtenir une relation absolue entre la position du doigt du scratcheur et la position du son ?
www.myspace.com/scratchbanditscrew
Photo : Guillaume J. Plisson – Agence Libre Arbitre
BIONIC ORCHESTRA / Ezra
1/ C’est quoi le projet ?
Le Bionic Orchestra est un dispositif son et lumière dans lequel est développé un spectacle mêlant beatbox et nouvelles technologies. Les artistes au centre (Ezra et l.o.s) s’enregistre via un Looper, passent leurs voix dans des effets et spatialisent le son dans l’espace via différents procédés (accéléromètres, motion tracking…), créant un orchestre virtuel dont tout la matiere sonore est créée et contrôlée par eux. Ils contrôlent aussi la lumière et ultérieurement de la vidéo. Ce spectacle sera présenté lors de la biennale « Rencontre I » organisée par l’hexagone à Meylan.
Dans ce même dispositif nous souhaitons créer des interactions public pendant le spectacle mais aussi en mode installation avant et après le spectacle.
2/ Niveau technique :
Max Msp, Pure Data, Ableton live, Dlight, osculator, touch osc, différentes librairies compilées en C, tape movie, jamoma.
Wiimote, iphone, ipad, kinect.
Systeme diffusion 6.1, Entec, fireface 400, mac book pro, lumières traditionnelles et lyres (robots).
Technologies envisagées pour l’installation interactive avec le public : jeu de plusieurs kinects / puces RFID.
3/ Et le problème ?
L’un des objectifs et défis du projet pour la partie installation interactive est le tracking du public : chaque nouvelle personne qui entre dans l’espace de l’installation est associé à : un son (ex: sinusoïdale…) ou un effet (ex : delay, lfo…). chaque son est spatialisé dans le dispositif selon la position de son porteur (P1) et chaque porteur d’effet (P2) entre en interaction avec les porteurs de sons selon sa position (ex : si P2 est un delay, plus il sera proche de P1 et plus le delay sera court, plus il s’en éloignera et plus le delay sera long). Pour se faire nous devons tracker le public à 360º dans un espace circulaire de +/- 12m de diamètre.
Quel dispositif mettre en oeuvre pour tracker un dizaine de personnes en mouvement dans un espace circulaire de +/- 12m de diamètre, sans interférence et en conservant un identifiant spécifique pour chaque ? Les pistes approchées pour le moment (utilisation de plusieurs kinect / technologies RFID) peuvent-elles être des pistes de résolution ?
www.myspace.com/bionic.orchestra
INFOS PRATIQUES
RADArt Lyon 02 : « technologies appliquées au spectacle vivant »
Samedi 14 mai 2011 / 14h-16h30
Théâtre de l’Elysée, 14 rue Basse Combalot, Lyon 7e
Entrée libre
Plus d’infos ? contact [at] radart-lyon [point] org